Ce que la mort, l’amour et la perte sont venus libérer en moi

7/30/20266 min read

Parfois, un événement arrive dans notre vie et nous semble uniquement destructeur.

Sur le moment, nous ne voyons que la douleur, l’injustice, l’incompréhension.

Mais avec le recul, on comprend que chaque événement a sa justesse, même lorsqu’il fait mal.

Cela fait partie d’un processus libérateur.

Je ne veux pas dire que la mort est une bonne chose, ni que la souffrance doit être minimisée.

Ces épreuves sont terribles.

Mais je crois que chaque événement, aussi terrible soit-il, peut apporter quelque chose qui nous pousse à renaître.

Et cette renaissance ne concernait pas seulement ma façon de voir la mort.

Elle m’a aussi obligée à regarder la place que j’avais prise auprès de mon entourage.

Depuis longtemps, je m’étais positionnée comme une sauveuse pour mes proches. C’était le rôle que mes parents m’avaient attribué : venir dans cette famille pour apporter du bonheur à leur souffrance.

C’est ce qu’on appelle être un “bébé médicament”, comme si l’on pouvait demander à un enfant de soigner la souffrance de toute une famille.

Alors pour cette personne, j’ai voulu la protéger. Je voulais empêcher la souffrance.
Je voulais être là, jusqu’au bout.
Je voulais presque empêcher l’inévitable.

Chaque soir, j’avais cette peur au ventre : celle de me réveiller le matin et que cette personne soit partie. Je vivais depuis quelques mois dans l’anticipation de la perte.

Et aujourd’hui, je comprends que derrière ce rôle, il y avait aussi mes propres peurs :

La peur de ne pas pouvoir sauver.


La peur de ne pas être suffisamment présente.


La peur que si je lâchais, quelque chose de terrible allait arriver.

Comme si je devais tenir pour que l’autre puisse rester.

Comme si mon amour devait être suffisamment fort pour empêcher la vie de suivre son cours.

Ou bien j'avais envie de sauver comme j'aurais voulu que quelqu'un me sauve.

Mais parfois, aimer quelqu’un, ce n’est pas le sauver.

C’est aussi accepter de ne plus pouvoir agir.

Accepter que certaines choses ne dépendent pas de nous.

Accepter que le lâcher-prise ne soit pas un abandon.

Cette expérience m’a traumatisée, mais quelque chose a changé en moi.

C’est une libération, une autre façon de percevoir la vie, l’amour et la perte.

Je recevais beaucoup d’informations des ancêtres et parfois, je doutais encore.

Mais cette expérience a profondément changé ma façon de faire confiance à mon intuition.

Le véritable lâcher-prise, c’est de continuer à aimer, tout en acceptant qu’on ne peut pas tout empêcher.

Et surtout de vivre le présent sans être constamment dans l’anticipation de la perte.

On peut aimer sans vivre dans la peur de perdre.
On peut aimer sans retenir.
On peut être là sans vouloir sauver.
On peut lâcher prise et faire confiance à ce qui doit être.

Parce que peut-être que guérir de la peur de la perte, ce n’est pas ne plus avoir peur.

C’est comprendre que lâcher prise ne signifie pas aimer moins.

C’est aimer avec suffisamment de confiance pour ne plus avoir besoin de retenir.

Ces précédents mois, il y a eu un sujet qui est beaucoup revenu en séances : la peur de la perte (laisser partir quelqu'un de l'autre côté)

Il est vrai qu'il y a des événements qui nous brisent, et d’autres qui nous transforment. Parfois, ils font les deux à la fois.

Ce sont des expériences spirituelles qui viennent toucher quelque chose de si profond en nous qu’après, on ne peut plus vraiment revenir à la personne que l’on était avant.

Nous vivons des épreuves à la hauteur de ce que nous pouvons encaisser et de notre ouverture de conscience. Cela ne veut pas dire que tout le monde vivra de telles expériences.

Dernièrement, j'ai vécu deux expériences profondément bouleversantes autour de la mort.

La première, avec une personne que j’ai ressentie en train de mourir dans des conditions difficiles.

J’ai ressenti sa souffrance, presque dans mon propre corps. Sa douleur, son état, cette sensation d’être face à quelqu’un qui était en train de quitter ce monde… Tout cela m’a traversée avec une intensité douloureuse.

Ressentir quelqu’un qui est en train de mourir, c’est une expérience traumatisante qui nous confronte brutalement à notre impuissance.

On voudrait pouvoir supprimer sa souffrance.
On voudrait pouvoir faire quelque chose.

Mais souvent il n’y a rien à faire..

Et ce premier épisode m’a profondément marqué.

Juste après, j’ai été confrontée à quelque chose d’encore plus difficile : devoir laisser mourir la personne que j’aimais le plus au monde.

Comme si la vie venait me placer deux fois face à la mort en l'espace de quelques heures.

Mais pas de la même manière.

La première fois, j’avais ressenti la souffrance d’une personne qui était en train de mourir.

La deuxième fois, c’était d’accepter la mort de la personne la plus importante pour moi.

Et cette fois, ce n’était plus seulement la mort que je regardais en face.

C’était ma propre peur de perdre.
Ma peur de l’abandon.
Ma peur de laisser partir.

Tout ce qui avait été réveillé en moi quelques heures auparavant venait maintenant se confronter à ma propre histoire.

La souffrance de ressentir une personne que l’on aime en train de mourir. De la voir traverser quelque chose que l’on voudrait pouvoir lui enlever. De sentir que son corps est en train de lâcher, que quelque chose est en train de s’éteindre, et d’être là, avec cette terrible sensation de ne rien pouvoir faire.

Il y a quelque chose de particulier dans le fait d’être présent face à la mort. Le temps semble différent. Tout devient plus intense.

On voudrait retenir chaque seconde, comme si le fait d’être suffisamment présent pouvait empêcher le moment d’arriver.

Et pourtant, il arrive un instant où l’on comprend que l’on ne peut plus sauver.

On ne peut plus réparer.


On ne peut plus repousser l’échéance.


On ne peut plus négocier avec la vie.

J’ai ressenti cette impuissance avec une violence que je n’avais jamais connue auparavant.

Une partie de moi voulait pouvoir prendre sa souffrance, prendre sa peur et même prendre sa place s’il le fallait.

Mais là, je ne pouvais rien faire.

Je pouvais seulement attendre, faire confiance à ses proches décédés et ses ancêtres qui me disaient que ça ne durerait que quelques instants. Il fallait faire confiance à l’invisible et le laisser partir.

Et ces minutes ont été les plus douloureuses de ma vie.

J’ai senti lorsque son âme a quitté son corps et une partie de moi est morte au même moment.

Après son départ, j’ai ressenti son âme à côté de moi qui avait des choses à dire, comme cela m’est déjà arrivé avec d’autres proches décédés. Mais cette fois, c’était différent car j’ai ressenti à la fois sa souffrance et la mienne.

C’était tellement intense que j’ai eu envie de fuir loin de son âme, pour ne plus rien ressentir.

Mais je savais que fuir n’aurait rien changé.

Heureusement que cela n’a duré que quelques minutes et que la vie est revenue, car vivre avec ça aurait été difficile.

Et c’est là que j’ai compris que je n’avais jamais aimé quelqu’un avec une telle force.

Cette rencontre avec la mort a été terrible.

Parce qu’elle m’a confrontée à une peur que j’ai toujours eue en moi, mais que je pouvais tenir à distance tant que je n’avais jamais aimé autant : la peur de laisser partir quelqu’un dans l’au-delà.

Et pourtant, cela a ouvert une porte.

J’ai aussi compris pourquoi, depuis plusieurs mois, j’étais poussée à travailler autant sur ses ancêtres, ses proches décédés.

Pourquoi j’avais été amenée à libérer autant de mémoires, de traumatismes et de blessures sur son chemin. Comme si tout ce travail préparait quelque chose de fort.

Aujourd’hui, je vois que tout avait un sens. Et je comprends aussi que sans la mort de cette première personne, dont l’âme m’a profondément aidée à comprendre ce qui était en train de se passer, toute cette libération n’aurait peut-être jamais eu lieu.

Cette première expérience avait réveillé quelque chose. Elle avait ouvert une porte que la seconde expérience allait m’obliger à traverser.

K Therapie EI

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