La dernière porte de la guérison

7/11/20266 min read

Au travers de rencontres qui, sur le moment, semblaient anodines, un simple échange, j'ai été guidée vers des personnes que je n'aurais jamais rencontré quelques années auparavant.

C'est aussi pour cela que je crois profondément qu'aucune rencontre n'arrive par hasard. Plus nous avançons sur notre chemin, plus nous nous alignons et plus la vie met sur notre route les personnes dont nous avons besoin, au moment où nous sommes prêts à les rencontrer.

Ces derniers mois, j'ai eu la chance de rencontrer des personnes qui ont profondément bousculé certaines de mes croyances.

Suite à des expériences, j'avais gardé une image de la religion comme quelque chose qui peut enfermer, j'ai découvert tout autre chose.

J'ai rencontré des prêtres exorcistes, des prêtes médiums, des enseignements bouddhistes, mais aussi des personnes dotées d'une profonde spiritualité. Ils m’ont tous transmis des conseils précieux. Au-delà des traditions auxquelles chacun appartenait, tous m'ont transmis le même enseignement.

L'amour. Toujours l'amour.

Ils m'ont montré qu'il était possible de concilier une profonde spiritualité avec une immense ouverture de cœur et d’esprit.

Ils m'ont appris que, parfois, lorsqu'une force plus grande que nous semble exercer une emprise sur notre vie, il faut effectivement avoir le courage d'aller au combat.

Mais que le véritable but de ce combat n'est jamais la destruction.

Le véritable but est de ramener à l'amour, ce qui s’est éloigné.

Cette idée m'a profondément touchée.

C'est précisément ainsi que ma propre libération a pu avoir lieu.

Combattre ce qui m’entravait, puis m’en libérer avec amour, car c’est à travers la dureté que j’ai le plus appris.

Et, avec le recul, je comprends que cette libération n'est pas seulement le résultat des vingt années de travail que j'avais déjà accomplies. Elle a aussi été rendue possible parce qu'à un moment donné, j'ai accepté que je ne pouvais plus tout porter seule.

Toute ma vie, j'ai appris à me battre.


À tenir bon.


À protéger.


À porter les autres lorsqu'ils n'en avaient plus la force.


À avancer même lorsque mes propres forces me quittaient.

On m'a souvent dit : « Tu prends soin des autres... mais qui prend soin de toi ? »

Avec le recul, je comprends que cette question était juste, car je ne laissais personne prendre cette place, de peur d'être déçue.

Mais il arrive des moments où la vie nous invite à comprendre que nous n'avons pas à tout traverser seuls. Il arrive des moments où nous avons besoin que certaines personnes nous accompagnent et tiennent le combat à nos côtés.

Et c'est là que quelque chose de beau peut se produire.

Des personnes choisissent de se battre pour nous.

Elles nous prêtent leur force lorsque la nôtre est épuisée.

Elles croient encore en notre lumière lorsque nous ne la voyons plus.

Elles restent présentes jusqu'à ce que nous retrouvions la capacité de marcher à nouveau.

Recevoir cette aide n'est pas une faiblesse. C'est une immense preuve de confiance. Une preuve d'humilité.

Et surtout une preuve que nous ne sommes pas faits pour traverser toutes les tempêtes seuls.

Aujourd'hui, lorsque je regarde ces vingt années de cheminement, je ne vois plus seulement les combats que j'ai menés, ni les blessures que j'ai dû traverser.

Je vois aussi toutes les personnes qui m’ont soutenu lorsque je n'avais plus la force d'avancer, toutes ces personnes que la vie a mises sur mon chemin au moment où j'en avais le plus besoin, celles qui ont cru en moi lorsque je n'y arrivais plus moi-même.

Je comprends aujourd'hui que chaque étape avait sa raison d'être, que chaque épreuve m'a préparée à accueillir la suivante et que chaque rencontre n'était pas un hasard.

Pendant longtemps, j'ai cru que la guérison consistait à apprendre à se battre.

Aujourd'hui, je sais qu'elle consiste aussi à accepter de se laisser aider et parfois, de laisser d'autres ouvrir avec nous cette dernière porte lorsque nous n'avons pas la clef.

Parce que la libération ne se vit pas toujours dans la solitude.

Et c'est finalement cela, la plus belle des guérisons : comprendre que l'amour ne se manifeste pas seulement dans ce que nous donnons, mais aussi dans notre capacité à accueillir ce qui nous est offert lorsque nous acceptons de ne plus tout porter seuls.

Il y a des moments dans une vie où l'on croit avoir parcouru l'essentiel du chemin, où l'on se retourne sur les années écoulées en se disant que tout ce qui devait être compris l'a été, que tout ce qui devait être pleuré l'a été également, et qu'après tant de temps passé à se reconstruire, il ne reste plus que quelques ajustements avant de pouvoir se libérer pleinement.

Pendant longtemps, j'ai cru que la guérison fonctionnait ainsi.

Je pensais qu'à force de courage, de travail intérieur, de thérapies, de remises en question, d'acceptation et de patience, il arriverait forcément un moment où je pourrais dire : « Voilà, cette fois j'ai fait la paix avec mon histoire. »

Mais la vie est infiniment plus subtile que cela, même si j’ai fait la paix avec une grande partie de mon passé.

Depuis vingt ans maintenant, je marche sur ce chemin de guérison. J’ai traversé des périodes d'une violence intérieure dont je n’ai même pas les mots. J’ai connu des chaos qui donnaient l'impression que plus rien ne pourrait jamais me faire sourire.

J'ai rencontré mes peurs les plus profondes, celles qui ne se montrent pas immédiatement mais qui s’étaient installées au plus profond de mon âme. J'ai appris à écouter mon corps lorsqu'il criait ce que mon esprit refusait encore d'entendre.

Au fil des années, j'ai vu des parts de moi renaître. J'ai retrouvé de la lumière là où je ne voyais autrefois que de l'obscurité. J'ai compris mes mécanismes de défense, j'ai reconnu les liens invisibles qui m'attachaient à des souffrances qui ne m'appartenaient pas, et j'ai cessé de croire que j'étais définie par ce que j'avais vécu.

Pourtant, malgré tout ce travail, une sensation restait.

Une sensation difficile à expliquer.

Comme si une porte demeurait fermée à l'intérieur de moi.

Comme si quelque chose résistait encore, sans que je puisse comprendre quoi.

Je ne savais pas ce qui me retenait. Je sentais simplement qu'une partie de moi attendait encore une vérité que j'ignorais.

Et puis, en avril dernier, cette vérité est arrivée.

Un secret de famille m'a été révélé.

Ce n'était pas seulement une information supplémentaire sur mon passé.

C'était la pièce manquante d'un puzzle que j'essayais de reconstituer depuis près de trente ans.

À partir de ce moment-là, j'ai senti que quelque chose se remettait en mouvement. Ce n'était pas une révolution brutale, mais un processus lent. Comme si cette vérité venait enfin donner une explication à des ressentis que je portais depuis toujours sans jamais réussir à les comprendre complètement.

Les semaines qui ont suivi, j'ai senti des couches entières se libérer. Des émotions remontaient, certaines compréhensions devenaient évidentes, des liens que je n'avais jamais faits auparavant apparaissaient avec une grande clarté . J'avais le sentiment qu'une partie de moi renaissait enfin.

Et pourtant...

Il restait encore quelque chose.

Une dernière couche. La plus profonde.

Celle qui semblait s'accrocher de toutes ses forces.

J'avais beau continuer à travailler sur moi, essayer de comprendre, je sentais qu'à cet endroit-là, ma volonté ne suffisait plus. Comme si j'étais arrivée à une limite où je ne pouvais plus avancer seule.

Puis la vie m'a conduite exactement là où je devais être.

Kim TARDOT EI - K Therapie

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