L’inceste occulté : quand le corps se souvient encore
5/16/20264 min read


Un grand nombre de personnes avancent dans leur vie avec une sensation de décalage, sans comprendre pourquoi les relations sont si compliquées, pourquoi l’amour fait peur, pourquoi la proximité devient inconfortable, ou encore pourquoi l’estime de soi est basse.
C’est le cas de beaucoup de femmes que j’accompagne qui sentent au plus profond d’elles que quelque chose s’est passé mais qu’elles n’ont pas de souvenirs précis.
Derrière ces difficultés, il peut exister des souvenirs occultés.
Des traumatismes profondément enfouis, que le psychisme a parfois dissociés pour protéger et permettre à l’enfant de survivre.
Le problème, c’est que même lorsque les souvenirs sont absents, le corps, lui, continue de parle
Le corps garde la mémoire
Le traumatisme ne vit pas seulement dans les souvenirs conscients.
Il s’inscrit aussi dans le corps, le système nerveux, les peurs, les réactions automatiques et les schémas relationnels.
Une personne ayant vécu un souvenir d’inceste occulté peut ressentir :
une peur de la proximité émotionnelle,
un inconfort dans les relations intimes,
une hypervigilance permanente,
une difficulté à faire confiance,
une sensation de danger sans raison apparente,
un besoin de contrôle,
ou au contraire une incapacité à poser des limites.
Le corps reste comme figé dans une mémoire ancienne.
Même lorsque la vie semble “normale”, quelque chose à l’intérieur continue de vivre dans l’insécurité.
Quand la honte devient une identité
L’une des traces les plus profondes laissées par l’inceste est la honte toxique.
Ce n’est pas une honte liée à ce que l’on a fait.
C’est une honte liée à ce que l’on croit être.
Beaucoup de survivants vivent avec cette sensation terrible que « tout le monde voit quelque chose chez eux ».
Comme si leur corps révélait un secret invisible.
Alors ils se cachent émotionnellement.
Ils évitent le regard.
Ils minimisent leurs besoins.
Ils deviennent parfois extrêmement performants pour compenser ce vide intérieur.
Mais derrière cette façade, demeure souvent la peur d’être rejeté ou considéré comme “abîmé”.
Les conséquences sur la vie relationnelle et amoureuse
Les traumatismes incestueux impactent profondément le lien à l’autre.
Car lorsque la sécurité a été détruite dans l’enfance par ceux qui étaient censés protéger, aimer devient complexe.
Certaines personnes développent :
une peur de l’attachement,
une dépendance affective,
des relations fusionnelles ou toxiques,
une difficulté à recevoir l’amour,
une sensation d’étouffement dans la proximité,
ou une incapacité à rester dans une relation stable.
L’intimité peut réveiller inconsciemment des mémoires corporelles anciennes.
Le système nerveux confond alors amour et danger.
Cela peut créer une alternance douloureuse entre désir de lien… et besoin de fuite.
Pourquoi la famille devient parfois un lieu impossible
Il arrive également que les personnes ayant vécu un traumatisme incestueux ne parviennent pas à être pleinement proches de leur famille, même sans comprendre pourquoi.
Parfois, aucun souvenir conscient n’existe.
Mais le corps, lui, reconnaît les lieux, les voix, les silences, les regards, les dynamiques.
Et il tente de protéger la personne, même des années plus tard.
Mon corps se souvenait de ce que mon esprit avait oublié
Il m’aura fallu attendre le printemps de cette année pour lever le voile sur un souvenir occulté. Je ne pouvais pas m’en rappeler consciemment, car j’étais trop petite, mais mon corps, lui, me poussait à fuir ou m’auto saboter dès qu’une relation devenait profonde
C’est comme si, à force d’accompagner des femmes ayant vécu cela, j’étais devenue suffisamment solide pour comprendre et accueillir ce souvenir si difficile.
Cela m’a permis de comprendre pourquoi je n’avais aucune proximité avec ma famille, pourquoi je n’arrivais pas à être tactile ou affectueuse, pourquoi j’étais émotionnellement détachée. Inconsciemment, je leur en voulais.
Lorsque j’ai compris ce qui s’était passé, c’est comme si quelque chose s’apaisait enfin en moi. Bien sûr, il y a eu de la haine, de la colère, de l’incompréhension. Mais après avoir profondément travaillé sur cette blessure, j’ai pu pardonner.
Non pas pour excuser ce qui avait été fait, mais parce que cette douleur continuait de créer des blocages dans ma vie.
Avoir du mal à me projeter sereinement avec un homme, comme si j’allais perdre ma liberté. J’attendais d’avoir apaisé tout ce qui pouvait me faire souffrir sauf que je m’étais trompée. Il n’y a que le couple qui permet de faire ce travail sur soi. En restant célibataire il ne va rien se passer, cela va juste retarder les choses.
Etre incapable de me projeter dans le rôle de mère.
Non pas par absence d’amour, mais parce que devenir mère peut réveiller des peurs profondes auxquelles on ne m’a jamais préparé. J’ai toujours refusé d’avoir un enfant, car je ne voulais pas lui transmettre les douleurs que j’avais vécues. Il était essentiel pour moi d’être « guérie » avant de donner la vie.
Et le plus magnifique dans tout cela, c’est qu’une fois cette mémoire libérée de mon corps et de ma psyché, j’ai su au plus profond de moi, que quelque chose d’énorme s’était guéri. J’étais enfin prête à construire avec quelqu’un et plus tard devenir mère.
Comprendre qu’il n’y a plus besoin de ressasser le passé familial et d’avancer pour fonder dans le futur ma propre famille.
Alors la guérison ne consiste pas uniquement à se souvenir mais surtout à restaurer un sentiment de sécurité dans le corps.
À réapprendre progressivement :
que l’intimité peut être saine,
que le corps peut redevenir un lieu sûr,
que l’amour ne doit pas faire peur,
et qu’il est possible de vivre des relations apaisées.
Pendant longtemps, j’ai cru qu’il y avait quelque chose d’anormal en moi.
Pourquoi aimer me faisait peur.
Pourquoi la proximité me donnait envie de fuir.
Pourquoi c’était difficile de me projeter pleinement dans une vie à 2.
Aujourd’hui, je comprends que mon corps portait simplement une mémoire de survie qu’il essayait de protéger en silence.
Et parfois, lorsque la bonne personne entre dans notre vie, certaines blessures enfouies se réveillent non pas pour nous détruire, mais pour être enfin guéries. Comme si une partie de nous savait qu’il était enfin possible d’aimer autrement.
Un traumatisme peut conditionner une partie de notre vie, sans pour autant définir notre bonheur futur.
Le corps se souvient.
Mais lorsqu’il se sent enfin en sécurité, il peut aussi apprendre doucement à aimer, à faire confiance et à vivre autrement.
Kim TARDOT EI - K Therapie
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